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Memento moris - vanité et nature morte

Fri Dec 5, 2008, 9:04 AM
Un monstre, une bouche énorme avec un œil coincé dans le nombril.
Ca me dévore de l’intérieur et bientôt, ça m’attaquera le haut. Pas moyen de verrouiller. Reste l’option du placard à chaussettes, me fouler de la tête aux pieds si jamais. Je devais un jour ne pas me souvenir que c’est là-haut que le cœur bat.

Demain, j’irai voir tout ce que je n’ai pas su prendre / prendre tout ce que je n’ai pas su voir, quand je n’étais pas née. Demain je régresse vers ma progression : j’espère.

21/11/2008 – Nb : photographier ma disparition.

.......................................

L’aube s’est levée 8 fois avant que je ne vois le jour
la ville était en flammes sous un ciel brûlant tout explosait en jets d’étoiles multicolores
étincelant le corps et les sens s’échangent et muent sous la peau neuve d’un serpent démembré qui danse sous le soleil mort
Soleil bleu et mauve froid comme la terre froide beauté des aurores incandescentes qui brûlent comme de la glace de volcan
mes jambes tanguent
Dans le marécage aux herbes folles
je fuis.

........................................

On a tort de dire qu’on nait à la vie car en vérité on est peu de chose, si fragile, notre existence ne tient qu’à un fil qui lentement s’effile dans les cisailles du temps. On peut le dire : on se tue à vivre, on meurt un peu plus chaque jour de renaître un peu moins à la vie qui se détache de nous pour mieux nous attacher aux paysages qui nous entourent et qu’on ne fait qu’effleurer, on ne fait que. Passer. La manche à d’autres qui relèvent leurs manches pour y mettre les mains, dans la merde du monde et en plein cœur, dans le vide et le total, dans le monstre et l’animal, le pourquoi et puis d’ailleurs, oui, d’ailleurs, on ne regarde pas ceux qui nous tendent les mains, par la bouche et le cri qui nous rassemble, on se heurte sans se toucher, on se touche sans se voir, on s’entend sans se le dire : seul, on est peu de chose. Un cri à la dérive.

  • Listening to: Alice Coltrane
  • Reading: L.F. Céline - Voyage au bout de la nuit
  • Watching: Casanova di Fellini

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